SABA - Yemen news agency

Print date: 19-12-2018
Article link: http://www.sabanews.net/ar/news394385.htm
  Enquêtes et reportages
La nouvelle guerre américano-saoudienne au Yémen
[22/Avril/2015]



SANA'A, 22 Avril (SABA)- L'Aviation de la coalition américano-saoudienne menée par l'Arabie saoudite a lancé mercredi de nouveaux raids contre le peuple yéménite en dépit de l'annonce la veille de la fin de la campagne aérienne.



Les raids ponctuels de mercredi étaient destinés à détruire la Brigade 35 blindée à Taïz et la destruction de l'infrastructure de la ville, en plus de bombarder certains de régions dans les deux gouvernorats de Lahj et de Saada.



Après 27 jours de frappes intensives fauchant la vie d'environ 1000 yéménites, dont des centaines de femmes et d'enfants, et 3487 autres blessés, et après la destruction de l'infrastructure du pays, l'Arabie s'est résigné face à la persévérance du peuple yéménite.



La coalition américano-saoudienne a bombardé, au cours de cette agression, des unités résidentielles, des hôpitaux, des marchés populaires, des commerces, des mosquées, des maisons, des palais présidentiels, des installations vitales civiles et militaires, des centrales électriques et gazières, des aéroports civils et militaires, des écoles, des stades sportifs et des usines dans les gouvernorats de Sana'a, Saada, Hodeïda, Amran, Hajja, Marib, Al-Jawf, Shabwa, Taiz, Dhamar, Ibb, Aden, Abyan, Lahj, Al-Dhalae, Al-Baida. Les bombardements visent surtout les civils, première victime de cette guerre atroce.



La coalition interdit l'acheminement de l'aide alimentaire, du carburant, et de toutes les nécessités de vie dans les différents gouvernorats.



Jour après jour, les allégations mensongères de l'Arabie Saoudite et du porte-parole de la coalition qui mène l'offensive contre le Yémen s'étaient révélé au public. Alors qu'Ahmad Assiri prétend que les frappes de la coalition sont "précises et ponctuelles", et qu'elles visent les repaires du mouvement Ansarullah.



A la quatrième semaine de son offensive, la coalition américano-saoudienne a utilisé des armes dangereuses contre la population à Sana'a. Des centaines de citoyens ont été transportés aux hôpitaux de la ville pour des cas d'asphyxie, alors que des appels ont été lancés pour mener une enquête rapide afin de dévoiler la nature des armes utilisées.



Ces bombardements méthodologiques contre l'infrastructure du Yémen n'ont pas fléchi l'armée yéménite et les comités populaires de poursuivre leur combat contre la présence du groupe terroriste d'al-Qaïda et les forces fidèles au président sortant Abed Hadi Mansour Rabbo à Abyan, à Aden, à Lahj et à Taiz.



Le porte-parole officiel des forces armées yéménites le colonel Sharaf Ghaleb a assuré que "l'intensification des frappes saoudiennes sur Sana'a, Amran, Taëz , Saada et ailleurs est un signe de désespoir, d'embarras, et de confusion militaire hystérique des parties participant à l'offensive, face à la progression des protecteurs du pays qui pourchassent les terroristes pour les traduire en justice et les punir pour leurs crimes".



En 17 avril, une organisation de défense des droits de l'homme a fait état de bombardement de plus de 350 complexes résidentiels et de 2000 maisons depuis le début de l'offensive saoudienne en 26 mars 2015.



Les miliciens d'al-Qaïda ont été délogés aussi de plusieurs régions du gouvernorat de Marib.



La situation humanitaire a atteint un niveau alarmant. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde mardi ( 21 avril 2015) contre un effondrement imminent des systèmes de soins, en raison de pénuries de médicaments et de coupures permanentes d'électricité.



L'OMS a fait état d'un bilan de 944 morts et 3.487 blessés --civils et militaires-- au Yémen entre le 19 mars et le 17 avril.



Comme elle l'avait déjà indiqué la semaine dernière, l'OMS a souligné mardi que le bilan réel est plus élevé car de nombreux corps ne sont pas transférés dans les centres médicaux.



Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait déploré un manque cruel de médicaments, d'aliments et de carburant.



Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), entre 120.000 et 150.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du Yémen par les combats en cours, alors qu'il y avait déjà plus de 300.000 déplacés avant la crise actuelle.



L'ONU et ses partenaires humanitaires ont lancé un appel urgent à une aide internationale de près de 274 millions de dollars pour répondre aux besoins de 7,5 millions d'habitants touchés directement par le conflit.



"Des milliers de familles ont fui leurs maisons en raison des combats et des frappes. Les familles ordinaires ont du mal à accéder aux soins de santé, à l'eau, à la nourriture et au carburant", a prévenu le coordinateur humanitaire, Johannes Van Der Klaauw.



L'annonce de l'arrêt des frappes aériennes de la coalition américano-saoudienne a été saluée aussi bien par Téhéran que par Washington, qui ont appelé séparément à la relance de négociations pour une solution politique.



Après avoir salué la fin des bombardements, le Pakistan, qui n'a pas pris part à la coalition arabe, a décidé de dépêcher une délégation de haut rang en Arabie saoudite pour discuter de la situation au Yémen.



Dans ce contexte, l'Iran avait présenté officiellement vendredi ( 17 avril 2015 ) à l'ONU un plan de paix en quatre points pour le Yémen.



Dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, M. Mohammed Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères fait valoir la situation humanitaire au Yémen, en passe d'atteindre "une ampleur catastrophique".



Il accuse la coalition conduite par l'Arabie saoudite de "cibler essentiellement des infrastructures purement civiles" comme des hôpitaux et des écoles, et de "viser de manière aveugle les zones résidentielles".

La guerre actuelle contre le Yémen "bénéficie principalement aux groupes terroristes, qui s'implantent au Yémen en profitant de la campagne aérienne menée depuis l'étranger", affirme M. Zarif dans sa lettre.



En vérité, cette guerre déclenchée le 26 mars par la coalition, était sans mandat explicite onusien. ýl'Arabie saoudite a mobilisé plus de 100 000 hommes et ýý100 bombardiers pour attaquer le pays. La coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite ýcomprend également, les ýEtats-Unis, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, ýla Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar, l'Égypte et le Soudan.



Bien que demandée par le président Hadi, l'intervention ýde l'Arabie saoudite et de ses alliés est illégale en droit ýinternational et constitue une agression.ý



Qui plus est, dans le chaos régnant au Yémen, Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) et son protégé Ansar Chariâa, en ont profité pour mieux se territorialiser. La ville de Moukalla, chef lieu du Hadramaout, est passée sous contrôle des djihadistes, curieusement épargnés par les raids aériens de la coalition.



AS/AS