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Print date: 14-02-2012
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  Enquêtes et reportages
L'encens du Yémen est une résine précieuse
[01/Novembre/2009]

 

Par Imad Taher


SANA'A, 01 Nov. (SABA) - Lorsqu'on se promène dans un certain nombre de régions encadrées de hautes falaises et ponctuée d'oasis verdoyantes au Yémen, notamment dans l'archipel de Socotra, on peut observer, ça et là, de collecter des pièces de l'encens. Reconnaissables à leur frondaison touffue de couleur grise, les encensiers aiment la chaleur, l'été, le chaud, leur convient parfaitement, pour collecter leur résine, appelée aussi oliban, les bédouins utilisent une méthode restée identique depuis l'Antiquité, à l'aide d'un outil, ils font des incisions profondes dans l'écorce et prélèvent une bande étroite d'une longueur de dix centimètres, des gouttes de couleur blanche qui en séchant deviennent translucides et ambrées jaillissent alors.

C'est dans le gouvernorat de l'Hadramaout, au sud Yémen, que pousse l'une des variétés d'arbres à encens la plus prisée, dite "Boswellia sacra" ou oliban, Plus précisément, dans la pittoresque vallée du "Wadi Dowan".

Mais maintenant, le domaine du marketing commercial et de la vente de l'encens au Yémen touchés par l'invasion de la fausse encens qui vient via des personnes réfugiées de la Somalie, tandis que l'encens de Socotra, selon les commerçants est de meilleur qualité et inégalée de l'encens somalien.

Depuis des temps immémoriaux, les résines de myrrhe et d'oliban sont utilisées pour le culte ou l'usage quotidien dans toute la partie orientale de la Méditerranée, issues des régions de production situées dans le sud de la péninsule arabique, le Yémen, ces résines précieuses et prisées ont été, dès le premier millénaire avant notre ère, l'objet d'un commerce florissant et dynamique, une des références les plus anciennes concerne le Yemen et le commerce de la myrrhe avec le Yémen plus de siècles avant JC. Gros consommateurs de myrrhe, élément essentiel pour embaumer les morts, les yéménites ont été à l'origine du commerce de l'encens.

Au cours des siècles, toute une économie florissante s'est mise en place le long de cette route terrestre assurant le développement de nombreuses cités et oasis situées dans la partie occidentale de la péninsule arabique, ainsi, au départ de Qana (Bi'r Ali), de Salalah, les caravanes chargées de myrrhe et d'oliban prenaient la direction de Sayun (saiun), de Shibam, de Marib (dans la contrée du Yemen ) avant de prendre la route de la Mecque puis de Yathrib (Médine) et de continuer leur périple vers le nord, avant de traverser le Wadi Rum (situé dans l'actuelle Jordanie) pour arriver à Petra, dernière étape avant le port de Gaza, de là, les navires chargés de ces précieuses senteurs, desservaient les pays méditerranéens, l'Europe.

Dès lors, la route de l'encens allait faire place à la route des aromates et devenir un axe mineur en comparaison de la route des Indes, l'encens du Yémen, concurrencé par les encens venus d'orient, continua pourtant de brûler en grande quantité dans le monde romain, à l'aube du XIV° siècle, la production d'encens arabique s'était, certes, ralentie mais elle trouve toujours preneur, de passage près d'Aden (Yemen) remarque une forte production d'encens blanc dont les seigneurs tirent grand profit. 

Encens et santé

La combustion de l'encens dégage une épaisse fumée odoriférante constituée de vapeurs contenant des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des carbonyles de benzène, produits cancérogènes. En 2004, Que choisir avait publié que l’émission dans l’air d’encens comportait 110 fois plus de benzène que le seuil recommandé. Il est donc déconseillé d'en utiliser plus de 1 bâton par jour, et recommandé d'aérer la pièce après.

Les extraits d'encens, sous forme de gélules, pourraient avoir une discrète efficacité sur certaines maladies, dont l'asthme, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn.

Autres significations

On précisera que le terme encens désigne parfois toute matière brûlée lors de rites religieux, et que le copal des Mayas ou les mélanges asiatiques à base de santal sont souvent appelés encens

Aujourd'hui encore, au Yemen, on extrait toujours la précieuse résine d'oliban selon les méthodes ancestrales même si la majeure partie de la production est réservée au marché intérieur.